Mon chemin vers une école de la Performance Humaine

Lorsque je découvre certains produits étonnants, certaines méthodes impressionnantes d’ingéniosité ou encore certaines prouesses humaines hors du commun, il m’arrive souvent de me demander quel parcours « invisible » a été utile pour produire un tel résultat final. Les bonnes choses prennent du temps. Ce qui se révèle aux yeux émerveillés d’un observateur a parfois mis des mois, ou même des années à s’affiner.

Qu’il s’agisse d’une création de la nature ou d’une entreprise humaine, c’est finalement le temps, les tests, les erreurs de parcours ainsi que de multiples petites étapes de succès intercalées qui contribuent à la naissance de quelque chose de singulier. Et comme c’est souvent le cas, c’est l’Histoire qui mène à l’inévitable naissance qui s’avère surprenante à bien des égards. Une Histoire qui évidemment ne peut être examinée, comprise et racontée qu’à postériori.

Dans cet article, je vous propose de découvrir une partie de mon Histoire, celle qui m’a immanquablement conduit aux métiers de coach, d’enseignant et de conférencier. Une lecture à postériori de mon Histoire révèle combien, d’une façon ou d’une autre, le monde du potentiel humain aurait tôt ou tard attisé en moi curiosité et passion. En effet, ces moteurs ont progressivement été activés par une recherche d’outils, liée à un profond besoin d’être (enfin) heureux…car initialement, je ne l’étais absolument pas.

Comment les éléments de mon parcours se sont enchaînés pour me conduire à l’idée d’une école de la Performance ? Depuis quel âge ? Pour quelles raisons ? C’est ce que je vous invite à découvrir, mais avant d’arriver à cela, voyons dans un premier temps la signification et l’envergure philosophique que j’associe à la notion de Performance.

Performance Humaine : introduction et philosophie

Au stade actuel de ma vie et depuis l’expérience que j’ai acquise, je décris souvent mon métier à l’aide de termes tels que « activation de potentiel », « stimulation de la conscience », ou encore, « développement de ressources ». C’est selon le principe cité auparavant (principe de maturation à l’aide d’étapes de tests, d’erreurs et de petits succès), qu’avec le temps, j’ai commencé à adopter une autre notion qui allait devenir centrale dans ma façon d’intervenir auprès des personnes et des groupes. Cette notion est celle de « Performance Humaine ».

Je soulignerai d’emblée qu’il s’agit d’une notion, et même d’un cadre d’intervention, et non d’une approche de développement personnel (ensemble d’outils et de protocoles). Lors d’un accompagnement de type psychothérapeutique, de coaching ou autres, la Performance Humaine  s’illustre  par  la   recherche   et l’atteinte d’un état de bien-être global et d’une liberté psychique fondamentale. Intervenir sur « les problématiques » d’une personne et l’amener à son meilleur état de Performance Humaine, passe alors par une utilisation créative, stratégique et judicieuse de diverses approches telles que la Thérapie Brève Stratégique(1), l’Analyse Transactionnelle(2), la PNL(3) ou autres(4).

En définitive, accompagner une personne à développer sa zone de Performance peut aussi être décrit comme une philosophie d’intervention dont les piliers sont :

  • Savoir choisir une approche en fonction d’un résultat visé, mais aussi, savoir en changer lorsque celle-ci ne permet finalement pas d’atteindre une évolution désirée.
  • Savoir utiliser des protocoles, mais aussi, savoir en changer lorsque cela semble judicieux.
  • Savoir utiliser des techniques, mais aussi, savoir les modifier lorsque quelques petits ajustements permettent de mieux atteindre un objectif.

Performance Humaine : définition et illustration

Si la Performance Humaine constitue plus une philosophie d’intervention qu’une approche de développement personnel, comment peut-elle être concrètement identifiée et définie ? Pour illustrer le cœur de cette notion, il s’avère intéressant de commencer par expliquer ce qu’est la non-Performance Humaine. Concrètement, ce sont mes parcours d’accompagnant et de formateur qui m’ont amené à observer que bien souvent, les êtres humains fonctionnent depuis des zones de non-Performance.

Le nostalgique accroché à un passé qu’il ne parvient  pas  à dépasser  est un  exemple de  fonctionnement hors zone de performance. L’anxieux constamment projeté dans des futurs angoissants en est un autre exemple. Tout esprit perdu dans les méandres d’un deuil insurmontable ou d’un traumatisme qu’il ne cesse de rejouer, illustre  également  un mécanisme de non-Performance.

Comment une psyché qui ne sait pas jouer une autre partition que celle de son propre malheur, pourrait trouver l’équilibre, la  paix  ou  encore  l’amour auquel tout être humain aspire tôt ou tard ? C’est ici  que  la  notion  de  Performance Humaine prend tout son sens. Il s’agit d’apprendre à tout esprit embourbé dans « ses problématiques », à identifier et à pleinement prendre conscience de ses propres labyrinthes. C’est ensuite à l’aide de combinaisons d’outils adaptés que l’esprit peut commencer à déployer les étapes qui le mènent progressivement à se libérer de ses limites. Son énergie n’est alors plus utilisée pour revivre ou reproduire constamment « ses problématiques », mais pour sortir de ses labyrinthes : son énergie est donc utilisée de manière Performante !

Ce qui mène une personne à une recherche d’aide et d’outils

Une personne qui apprend et sait se défaire de ses peurs, ses colères, ses manques de confiance et autres, peut définitivement utiliser à meilleur escient son potentiel. Évidemment, une telle démarche vers la Performance Humaine ne peut naître que d’une initiative personnelle car les cursus éducationnels classiques se focalisent exclusivement sur le développement de ressources intellectuelles. Selon ce constat, c’est donc souvent pour des raisons d’inconfort, de mal-être, voire de souffrance qu’une personne se met en recherche d’aide et d’outils.

Concernant plus précisément mon cas, ai-je dû faire face aux affres du mal-être pour me mettre en quêtes d’outils ? Pour répondre à cette question, je commencerai par vous poser une autre question de type culture générale : connaissez-vous les paroles de cette chanson qui dit  – tell me Something boy…are you happy in this modern world ? – J’adore cette chanson et le film dont elle est issue (A star is born, de Bradley Cooper). Et bien que cette chanson soit postérieure à l’époque de ma vie de jeune adulte, je dirai que c’est exactement la question que mon esprit se posait sans cesse. J’ajouterai que mon esprit en traitait aussi continuellement la réponse et non, je n’étais (assurément) pas heureux dans ce monde moderne.

Ce qui m’a mené à une recherche d’aide et d’outils

Pas heureux moi, mais pourquoi ? Pour commencer, c’est aux abords de ses quinze ans que ma mère me met au monde. Mon père affiche alors très rapidement les signes d’un géniteur sans aptitude spéciale pour la responsabilisation et l’engagement. Ma mère se trouve ainsi lourdement et longuement punie pour « sa faute ». Quelques années après ma naissance, elle s’applique  donc  à  réparer  cela  en  me  donnant  un père  au  travers d’un nouvel amour. Alcoolique et violant, ce dernier a très vite fait de moi sa cible et son punchingball. J’ai ainsi évolué jusqu’à leur séparation, vers mes douze ans, dans un environnement mentalement instable et physiquement violant.

Je grandis ensuite entouré de personnes dont le plus haut niveau de « diplôme » était le permis de conduire, que personne n’avait. C’est dans un univers aussi pauvre intellectuellement qu’émotionnellement et matériellement, que je parviens tout de même à me frayer un chemin jusqu’à l’industrie en passant par l’obtention d’un bac plus cinq. Durant ma vie de jeune adulte, c’est entre les fantômes de mes traumatismes, une forte colère permanente et une anxiété très prononcée, que j’affine mon masque social afin de paraître telle une personne « normale », tout du moins en surface.

Je parvenais ainsi à faire bonne figure en toute circonstance, mais en milieu social comme en milieu professionnel, je composais intérieurement avec un important mal-être continuel. Un mal-être et un état de « non-bonheur » permanents sont donc à l’origine de ce qui génèrera durant ma vingtaine, un indispensable et irrémédiable besoin d’évolution. En partant de l’idée que la vie peut être considérée comme un parcours qui s’offre à nous pour apprendre et s’améliorer au fil du temps, je dirai que mes premières décennies de vie ont définitivement constitué pour moi une invitation à évoluer.

Mais évoluer, cela se mérite !

Il est possible de voir en mon enfance et les années qui la suivent, un début de scénario idéal pour une longue vie d’apitoiement. Mais après d’innombrables périodes dépressives et divers cycles d’auto-sabotage, et également, après diverses tentatives pour aller mieux avec des approches qui ne m’allaient pas, je découvre au seuil de ma troisième décennie de vie les premiers outils qui vont réellement faire une différence pour la suite. J’entame et j’avance alors sur un parcours encourageant, mais tout de même pavé de doutes, d’abandons et de recommencements.

Je découvre et redécouvre à différents moments de mon parcours, la force, l’énergie et surtout la constance qu’il faut engager pour pouvoir évoluer significativement. Mais les dès sont jetés : malgré divers cycles de découragement, je reviendrai suffisamment de fois « aux outils » pour parvenir à prendre conscience au fil du temps, combien ils me soulagent de mes maux, me libèrent de mes fantômes, pour me permettre à la longue d’explorer d’infinies possibilités que je ne soupçonnais pas en moi.

Performance Humaine : les origines insoupçonnées

Pour « reprogrammer » le petit enfant émotionnellement instable et apeuré qui était en moi, je me suis plus particulièrement épris d’outils de type psychothérapeutique. J’accueille ainsi dès le départ des postulats qui, certes ne solutionnent pas « grand-chose » sur l’instant, mais nourrissent rapidement en moi l’espoir de pouvoir changer et d’aller mieux. Parmi ces postulats très stimulants pour mon esprit, j’avais retenu par exemple :

  • Ce sont vos croyances limitantes qui font que vous reproduisez continuellement les mêmes expériences limitantes.
  • Ce n’est pas ce qui vous est arrivé qui définit votre futur, c’est ce que vous allez en faire.

Ces concentrés de sagesse ont vite provoqué en moi de lourds questionnements : « Quoi, mon mal-être ne viendrait donc pas des coups de ceinture, des abandons ou encore des moments d’humiliation publique, mais plutôt de la façon dont mon esprit a codé ces séquences de vie ? Mais, ce qui m’est arrivé m’est bien arrivé, non ? »

Le constat face auquel me mettent les premiers outils est dur, car mon esprit ne sait pas encore que pour acquérir le pouvoir de changer mon monde intérieur, je dois préalablement en acquérir la responsabilité. Le constat est dur, mais il faut l’avouer, il devient aussi vite prometteur. En effet, peu à peu je comprends qu’à défaut de pouvoir modifier mon passé, je peux travailler sur les significations que j’en ai données. A défaut de pouvoir changer mon passé, je peux mieux le comprendre, en apprendre et ainsi nourrir mes nouvelles expériences de vie avec bien plus de sagesse que de peurs.

Le secret de Polichinelle concernant

l’évolution personnel : le temps !

Le chemin d’évolution a ensuite été progressif, au grand dam de mon immaturité qui s’exprimait principalement par beaucoup d’impatience et de frustrations. Pourtant, un outil à la fois, un accompagnement à la fois et une formation à la fois, j’ai successivement fait émerger de mon parcours d’évolution, des nouvelles versions de moi toujours plus matures et stables.

Avec le temps, la dissipation de mes moindres peurs et mon  intégration de  nouveaux outils, j’ai commencé à comprendre combien mes anciens automatismes  étaient  peu performants. Je  me  suis formé toujours davantage et avec l’expérience, j’ai commencé à mon tour à former des personnes aux mêmes outils. C’est en les accompagnant et en comprenant de mieux en mieux leur monde, que je constatais toute l’énergie qu’elles dépensaient à leur tour dans des peurs, des inconforts et des souffrances. C’est finalement depuis la liberté intérieure que j’avais acquise que je pouvais maintenant aider d’autres personnes à se libérer de leurs « problématiques ».

 

En définitive…

Comme le disait Steve Jobs : « Vous ne pouvez relier les points en regardant vers l’avant, vous ne pouvez les relier qu’en regardant en arrière ». Voici donc les points qui m’ont immanquablement mené à savoir lire la non-performance, à savoir transmettre ce qui génère de la performance et dans un tout plus vaste, à partager mon expérience au travers d’une école de la Performance Humaine.

1 : La Thérapie Brève Stratégique est un modèle d’accompagnement psychothérapeutique développé par Giorgio Nardone. Ce modèle a pour parent le modèle de la Thérapie Brève de l’école de Palo Alto en Californie.
2 : L’Analyse Transactionnelle (AT) est un modèle d’accompagnement psychothérapeutique développé au cours des années 1960 par le psychiatre nord-américain Éric Berne.
3 : La PNL (Programmation Neuro-Linguistique) est une approche de développement personnel et de communication, développée dans les années 1970 par Richard Bandler et John Grinder.
4 : D’autres approches influencent également Frédéric Maillot dans ses interventions orientées Performance Humaine. Il est notamment formé en Spirale Dynamique, en Hypnose Éricksonniene, en Hypnose Médicale ou encore en Process Communication.