PEUR ET PLEIN POTENTIEL

DE L’AUTRE CÔTÉ DE VOS PEURS SE TROUVE VOTRE PLEIN POTENTIEL

Introduction :

Tel que je le décris dans l’article sur LES ORIGINES DE L’ÉCOLE DE LA PERFORMANCE, j’ai commencé à me former à diverses approches de développement personnel en étant principalement motivé par une recherche de mieux être et par le désir de me sentir plus sûr de moi. Dès le départ, c’est comme une bouée gonflée à l’espoir que j’ai accueilli l’idée que toute personne est dotée d’un potentiel illimité et qu’il est possible d’apprendre à le développer continuellement. Certaines de mes premières découvertes étaient tintées de scepticisme, mais néanmoins, j’accueillais avec intérêt l’idée que les seules limites à l’évolution d’un esprit proviennent de ses propres pensées.

Submergé par un mal-être récurrent, ce que j’appréciais particulièrement c’était la perspective qu’en faisant évoluer ma façon de penser, il me serait possible de me sentir bien dans ma vie et peut-être même, il me serait possible d’être (enfin) heureux. En cours de route, j’ai découvert combien l’évolution personnelle peut ne pas être linéaire. C’est alors au fil d’un parcours associant de belles avancées à d’innombrables moments d’insatisfaction que j’intègre progressivement l’importance  d’être  constant et patient. En effet, côté résultat il n’y a pas de « changement instantané » lorsque l’on travaille sur des fonctionnements limitants très ancrés. En revanche, avec du temps et de l’implication, les promesses de départ se mettent progressivement en place et finissent immanquablement par être au rendez-vous.

Aujourd’hui, si je ne devais partager qu’une seule chose ce serait qu’il est effectivement possible de développer indéfiniment son bien-être, sa confiance en soi ou encore la paix intérieure avec laquelle il est bien plus facile de faire face à toute sorte de challenges au cours d’une vie. Globalement, il est possible de développer indéfiniment tout potentiel humain, mais il s’avère indispensable de souligner que celui-ci est intrinsèquement lié au monde des émotions. Pourquoi est-il primordial de souligner  cela  et  d’en  avoir  conscience ? Parce  que pour réussir, pour construire, pour oser et pour engranger des accomplissements en tout genre au fil d’une vie, cela passe entre autres, par le fait de se sentir bien, motivé, enthousiaste, confiant et/ou autres. Quelles que soient les inspirations et l’ampleur des ambitions d’une personne, son potentiel d’accomplissement et sa capacité à aller au bout de ses ambitions sont donc intimement liés à une énergie émotionnelle qui se doit d’être positive, inspirante, entrainante…

Par conséquent, toute personne ne parvenant pas à être source d’énergie émotionnelle positive a des chances de voir nombre de ses ambitions finir là où elles sont nées, à savoir dans un petit coin de son esprit, sans action associée, sans matérialisation. Le potentiel de toute personne est bien illimité, mais pour le développer, il y a une sorte de mur émotionnel qui doit être préalablement passé, voire dépassé. Ce mur, c’est celui de la peur ! Je le décris comme un mur car la peur peut véritablement obstruer des chemins d’évolution pour aussi prometteurs qu’ils puissent être. Depuis la peur de ne pas réussir à celle de se tromper en passant par la peur de ne pas être à la hauteur, d’être jugé, rejeté, abandonné et autres, un esprit peut facilement s’embourber dans le renoncement et l’inactivité. Toute personne est dotée d’un potentiel de création et de réalisation illimité, mais pour matérialiser ses ambitions, il lui faut généralement faire face à son propre monde intérieur, et plus particulièrement à ses peurs ainsi qu’à ses dérivées (doutes, craintes, manque d’assurance, etc…).

 

1 – Réussir nécessite du potentiel mais génère aussi de la peur

Le cerveau humain est conçu pour la survie et non pour la réussite. C’est au travers du circuit de la peur que le cerveau freine, voir inhibe toute action lorsque son hôte fait face à une situation évaluée comme dangereuse pour sa survie. Dans le cadre d’une recherche d’évolution personnelle, toute recherche de réussite engendre une possibilité de ne pas réussir, soit une possibilité d’échouer. Or toute perspective d’échec peut être évaluée par le cerveau comme un « vrai » danger et ainsi être géré par le circuit de la peur. Ce lien explique très simplement comment de beaux projets d’évolution personnelle ou encore de belles ambitions professionnelles peuvent se trouver ralentis ou stoppés. Par crainte de ne pas être à la hauteur d’un objectif on tergiverse et ne donne jamais le premier pas, et par peur de ne pas obtenir un résultat escompté on abandonne. Cela souligne l’importance de se familiariser avec les mécanismes de la peur et d’apprendre à les gérer. Un léger sentiment de peur peut rendre un esprit plus alerte, mais lorsqu’il est nourri et amplifié, ce sentiment de peur devient immanquablement un inhibiteur de potentiel.

 

2 – Pas de nouveauté sans inconnu et pas d’inconnu sans doute

Il n’est pourtant pas possible d’évoluer sans prendre le risque de ne pas réussir. En réalité, le plus grand risque auquel tout projet peut être confronté, n’est que celui de ne pas réussir du premier coup ! Évoluer et porter un projet à sa réussite implique généralement de découvrir de nouveaux chemins et de développer de nouvelles ressources relationnelles, émotionnelles… Par conséquent, il n’est pas possible d’évoluer sans faire face à de la nouveauté ! Or la nouveauté est souvent  constituée d’inconnues  et  l’inconnu  peut facilement être source de doutes et d’appréhensions. C’est ici qu’un esprit familiarisé avec les mécanismes de la peur, s’applique en toute conscience à ne pas nourrir ces dernières. Plus précisément, c’est à l’apparition des premières inconnues / des premières difficultés qu’il est primordial d’entraîner l’esprit à stopper sa propre imagination « négative » et ses scénarios mentaux dopés à la crainte et à l’appréhension.

 

3 – La peur et ses dérivés : juste des messagers

D’ailleurs, si le moindre signal de peur devait se voir attribuer une signification, ce serait tout simplement que des changements souhaités / désirés / visés, sont en train de naitre. Lors du développement  de  projets  en  tout  genre, les   doutes  comme   les   craintes, ou même les appréhensions, sont effectivement porteurs du message suivant : « des inconnues apparaissent dans votre vie car certaines évolutions que vous souhaitez se profilent ». Qu’il s’agisse de passer un nouveau diplôme, de découvrir un nouvel environnement professionnel, de commencer une nouvelle relation, toute nouveauté est susceptible de faire apparaître des inconnues et donc de l’inconfort.

 

4 – La peur et ses dérivés : juste un appel à l’action

L’inconfort a alors pour principal objectif d’attirer l’attention de son hôte et le cas échéant, de le pousser à agir afin d’optimiser sa trajectoire et ainsi mieux atteindre son « objectif visé ». Se familiariser avec les mécanismes de la peur consiste donc entre autres à apprendre à faire la différence entre les moments  où  des  sensations d’inconfort appellent à agir et ces autres moments   où   l’apparition  d’inconforts  n’a   que  la  simple  signification suivante : « les choses avancent ». Loin de ces options, c’est malheureusement dans les plates-bandes de l’imagination que d’incroyables potentiels se perdent. En effet, lorsque doutes et appréhensions stimulent continuellement le circuit de la peur, l’esprit peut finir par s’épuiser dans un océan d’anxiété.

 

5 – Lorsque l’imagination se fait problème

Si avoir de l’imagination peut être considéré dans bien des cas comme une qualité, dans le cas de l’anxiété, l’imagination s’avère être un vrai problème. C’est notamment lorsque la peur se fait le metteur en scène invisible de l’esprit que l’imagination peut vite être saturée de scénarios toujours plus effrayants à propos d’échecs assurés, d’incompétences exposées, de rejets insurmontables ou autres. Dans un esprit colonisé par l’anxiété, les peurs inspirent des scénarios effrayants et des scénarios effrayants stimulent toujours plus de peurs. C’est ainsi que le mur de la peur s’installe et que de sublimes potentiels deviennent inaccessibles.

 

6 – Lorsque l’imagination est LE problème

Voici donc un autre point sur lequel il est important d’éduquer un esprit qui souhaiterait apprendre à gérer les mécanismes de la peur. Bien qu’une personne anxieuse évalue que toutes ses peurs sont signes de dangers avérés, en réalité, neuf peurs sur dix sont des créations du metteur en scène invisible. Pour s’en persuader, il suffit de se rappeler que le circuit de la peur est en lien avec la survie ! Par conséquent , lorsqu’une personne rencontre un vrai danger, soit un danger qui menace réellement sa survie, elle ne peut pas faire autrement que de déclencher les actions concrètes et nécessaires pour préserver sa sécurité. Dans le cas de dangers imaginés, il n’y a pas ou peu d’actions associées, mais plutôt une pensée en boucle et des sensations inconfortables récurrentes.

 

7 – Moins de frein, plus de liberté…

La peur et ses dérivés peuvent entraver tellement de beaux objectifs personnels et professionnels, que toute personne souhaitant exprimer pleinement son potentiel devrait investir du temps en elle-même pour apprendre à en gérer les mécanismes. Du point de vue de la Performance Humaine(*), le  but  n’est  pas  de  devenir  « le  meilleur  en  tout  et  en quatre étapes » comme le propose par exemple de nombreuses offres d’accompagnement sur le web, mais simplement de se libérer de certains freins et donc, de simplement vivre plus libre ! Il en va pour ainsi dire du niveau de bien-être d’une société ayant adopté (pour l’instant), l’idée que l’excellence scolaire est  un  éminent  chemin  vers  le  bonheur et que les antidépresseurs sont « la solution » lorsqu’à force de peurs, de découragements et d’épuisement social, un esprit perd son équilibre et s’égare sur ce chemin.

 

8 – Quelle voie pour tendre vers la liberté?

Toute personne est dotée d’un potentiel de création et de réalisation illimité. Pourtant, force est de constater que le monde est rempli de personnes ayant de merveilleux projets qui ne seront malheureusement jamais déployés à cause de doutes, d’appréhensions et de craintes de toutes sortes. Lorsqu’il s’agit d’utiliser son potentiel au maximum, il existe véritablement un monde avant et un monde après pour celui ou celle qui apprend  à comprendre et à mieux gérer les mécanismes de la peur. Pour la réalisation d’un tel travail, certaines approches de développement personnel parleront d’éliminer la peur, d’autres parleront d’apprendre à maîtriser la peur ou encore de savoir la dominer. Pour ma part et sur la base de mon expérience dans l’accompagnement des personnes, je parlerai plutôt de l’importance « d’apprendre à ne pas être l’auteur de ses propres ténèbres » et donc de l’importance « d’apprendre à ne plus fabriquer ses peurs ».

 

9 – Identifier le véritable obstacle sur le chemin

En tant qu’ex-professionnel en anxiété permanente, je ne parlerai donc pas de la peur comme de quelque chose que j’ai appris à dominer. Ce circuit a un rôle prédominant dans les fonctionnements d’un être humain et dans sa survie. Ce  n’est  donc  pas le circuit le problème, mais plutôt l’ignorance et le manque de ressources personnelles face à ces mécanismes. Le problème c’est même d’être le créateur de ses peurs, pour ensuite croire qu’elles existent réellement et les gérer continuellement, jusqu’à impacter son propre bien-être et sa santé. Dans un monde moderne « sécurisé », la survie réelle d’une personne est très rarement engagée. La majeure partie du temps, son mécanisme d’alerte et de survie se trouve simplement suractivé par son imagination, son anxiété. Qu’à cela ne tienne, aucun cursus  de formation  initiale n’enseigne  les  émotions  ou les fonctionnements de la peur. Mais avec un peu d’expérience, tout esprit peut parvenir au constat suivant :  de l’autre côté de la peur se trouve une vie libre et pleine d’accomplissements en tout genre !

 

10 – Quelle voie pour tendre vers la liberté?

Au stade de développement actuel de nos sociétés, il est relativement classique d’être conditionné par l’importance d’investir dans une maison, de s’appliquer à développer une belle carrière professionnelle, ou encore d’accumuler certaines richesses. Évidemment, il s’avèrerait on ne peut plus sage d’ajouter à ces types de conditionnement, celui de travailler sur ses ressources émotionnelles, car nous sommes l’instrument principal de chacun de nos accomplissements. Finalement, un des meilleurs investissements que toute personne puisse réaliser, n’est autre que celui d’investir en elle-même. S’éduquer et se libérer de ses peurs afin de s’offrir un accès illimité à son propre potentiel n’est en aucun cas une promesse de vie « sans problème ». Mais c’est définitivement une voie prometteuse pour vivre pleinement la poignée de décennies que dure une existence, SOIT POUR VIVRE LIBRE…ET HEUREUX !

(*) : La Performance Humaine s’exprime chez une personne par sa capacité à « fonctionner » depuis un état d’équilibre entre ses ressources intellectuelles et ses ressources émotionnelles. Grâce à un travail de conditionnements sains, cet état s’ajuste et se renouvelle continuellement en fonction des expériences et des interactions qu’elle vit.